Conflit au Yémen : encore combien de vies humaines ?

Il faut saluer le récent changement de cap des États-Unis, qui jusque là avaient décidé de laisser faire. Les propos du ministre américain de la défense James Mattis vont dans le bon sens lorsqu’il dit : « Nous devons progresser dans l’effort de paix (…) On doit le faire dans les 30 prochains jours. Nous avons ignoré ce problème pendant trop longtemps ». Ceux du chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, sont également à souligner : « L’heure est maintenant à la fin des hostilités, ce qui inclut les tirs de missiles et de drones venant de zones contrôlées par les houthistes vers le royaume d’Arabie saoudite et les Émirats arabes unisLes frappes aériennes de la coalition doivent ensuite cesser dans toutes les zones peuplées du Yémen. »

La guerre menée par la coalition dirigée par l’Arabie Saoudite ainsi que le blocus imposé au Yémen ont déjà causé la mort de dizaine de milliers de civils, femmes, hommes et enfants. Le risque d’une famine sans précédent est avéré. Elle pourrait toucher 15 millions de yéménites.

Les solutions pour stopper le conflit qui ravage le Yémen sont difficiles à trouver. Elles ne pourront être durables si elles s’arrêtent à l’agenda de la politique intérieure (élections de mi-mandat du 6 novembre) et de politique extérieure américaine.

Au regard de la situation qui a largement dépassé le seuil humanitaire critique, il est impératif :

– d’imposer un cessez-le-feu immédiat à toutes les parties au conflit, de manière simultanée,

– de faire cesser tout soutien militaire à la coalition ou à ses adversaires Houthis,

– de considérer l’urgence humanitaire comme une priorité absolue, notamment en ré-ouvrant l’aéroport de Sanaa,

– de s’appuyer sur les différents acteurs yéménites pour engager un processus de paix durable : société civile yéménite (comprenant les femmes, la jeunesse) et représentants politiques des différentes régions dans leur diversité culturelle, tribale et religieuse.

Parce que la communauté internationale dans son ensemble doit faire face à ses responsabilités, seules les Nations-Unis peuvent apporter toutes les garanties nécessaires au processus de résolution du conflit au Yémen.

C’est en représentant de la nation française, à quelques jours du Forum Mondial de Paris pour la Paix, que je souhaite que la voix des citoyennes et citoyens de notre pays soit entendue au niveau international, pour que cesse ce conflit qui n’a que trop duré et coûté cher en vies humaines au peuple yéménite.

SEBASTIEN NADOT

Député de Haute-Garonne

Commission des affaires étrangères

Président du Groupe d’amitié parlementaire France-Québec

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