Lutter contre tout ceux qui exploitent la misère humaine, cela va de soi. La répression pénale en la matière doit être intransigeante vis-à-vis des passeurs de migrants. Ceux qui font commerce des difficultés des autres. En revanche, il n’est pas acceptable qu’un pays comme le nôtre permette que soient interpellés, voire condamnés, des concitoyens qui apportent une aide désintéressée à des migrants qui se trouvent sur le territoire et sont dans une situation de grande détresse. Il faut protéger l’élan de solidarité. C’est ce que le député Sébastien Nadot avait proposé proposé en première et en seconde lecture avec un amendement supprimant le délit de solidarité pour ne le réserver qu’aux passeurs. La décision du Conseil constitutionnel du 6 juillet réaffirmant clairement qu’en France, la fraternité est un principe constitutionnel de même force, de même valeur et de même portée que la liberté et l’égalité n’aura pas suffit. Le délit de solidarité est seulement assoupli, avec un élargissement des exemptions. C’est déjà bien. L’aide humanitaire est autorisée (par exemption de peine). Mais pourquoi n’avoir pas voulu une suppression pure et simple ? Quelle occasion perdue pour ce gouvernement et la majorité LREM d’être resté au milieu du gué plutôt que d’affirmer fièrement que la solidarité est l’un des ferments de notre culture française.

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