« On a livré en 2017 pour 1,4 milliard d’armes à Riyad, ça rend notre pays comptable d’une situation catastrophique. » Sébastien Nadot, député LREM de Haute-Garonne à Franceinfo

Les Nations Unies évoquent la « pire crise humanitaire au monde » au Yémen, en guerre depuis début 2015. Les Américains appellent à des pourparlers de paix, mais sur place, Médecins sans frontières constate que « la situation ne cesse de se détériorer ».

Dans une indifférence quasi générale, le Yémen est entré dans sa quatrième année de guerre entre le gouvernement, soutenu par une coalition arabe menée par l’Arabie saoudite, et les rebelles houthis. Les organisations humanitaires ne cessent pourtant, depuis des mois, d’attirer l’attention sur les ravages – manque d’eau, malnutrition, choléra… – engendrés par ce conflit. Selon le Bureau des droits de l’homme des Nations unies, de mars 2015 au 23 août 2018, 6 660 civils ont été tués et 10 563 blessés. Mais l’organisation reconnaît que « les chiffres réels seront probablement beaucoup plus élevés ».

Il a fallu que le New York Times publie en première page la photo d’une fillette squelettique pour que cette guerre fasse la une de l’actualité. Sous la pression médiatique, les Etats-Unis et le Royaume-Uni, soutiens de la coalition, ont évoqué des pourparlers d’ici novembre, mais, sur place, les associations ne sont guère optimistes et les bombardements s’intensifient.

1/ Comment cette guerre a-t-elle commencé ?

Dans un pays peuplé à 60% de musulmans sunnites, les zaydites (un courant chiite différent du chiisme iranien) ont commencé à se révolter dès 2004, rappelle France CultureCette rébellion est depuis nommée « houthiste », du nom de son chef, Hussein Badreddine al-Houthi, tué en septembre 2004. Et elle n’a cessé d’enfler.

En 2011, dans la foulée des printemps arabes, les rebelles se joignent à la contestation étudiante, au cours de manifestations durement réprimées. La même année, sous la houlette des Etats-Unis, un « accord de transition » prévoit le départ du président Ali Abdallah Saleh et un changement de gouvernement. Il tente aussi d’instaurer un « dialogue national », qui va échouer. Car dans ce pays autrefois divisé (il y avait un Yémen du Nord et un Yémen du Sud jusqu’en 1990), les houthistes refusent une fédération composée de six provinces. Ils réclament « une région qui leur soit propre et un accès à la mer », résume la radio.

En 2015, la rébellion a tant progressé qu’elle assiège le palais présidentiel de Sanaa. Le président yéménite Abd-Rabbo Mansour Hadi s’enfuit et trouve refuge à Riyad (Arabie saoudite). « Dans la nuit du 25 au 26 mars 2015, retrace France Culture, l’armée saoudienne, à la tête d’une coalition arabe soutenue par les Etats-Unis, bombarde le palais présidentiel déserté, l’aéroport international, une base militaire et le bureau politique des rebelles. » Depuis, la guerre s’enlise.

 

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