L’arrêté ci-dessous, pris par le ministre français de l’économie, n’est pas nécessairement critiquable, à deux détails près…

1 – Le gouvernement décide de se porter garant d’un prêt de 100 millions d’euros à l’Etat Camerounais en s’appuyant juridiquement sur un arrêté de 1981, découlant de la loi de finances rectificatives de cette même année. Aucune information préalable vers le Parlement, aucun contrôle à posteriori de cette décision. « Le Parlement contrôle l’action du gouvernement », peut-on lire dans la Constitution française. 

Je ne sais pas ce que vous faisiez vous en 1981, mais s’en remettre à un hypothétique contrôle parlementaire à cette date relève de l’ubuesque.

2 – À travers l’emprisonnement depuis 2 ans du journaliste camerounais Amadou Vamoulké que j’ai déjà évoqué à plusieurs reprises, la justice du Cameroun a montré les limites de son indépendance vis-à-vis du pouvoir et montre que l’état de droit est très affaibli dans le pays.   

Maurice Kamto (le principal opposant du Président de la République Paul Biya) et 145 autres militants du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), sont également emprisonnés, notamment accusés d’« incitation à l’insurrection ».

On cautionne donc financièrement un état aux pratiques non démocratiques.

LA QUESTION qui se pose à travers cette garantie française sur un emprunt camerounais de 100 millions d’euros est la suivante : 

Que se passerait-il si la France conditionnait cette garantie sur 100 millions d’euros à des gestes démocratiques significatifs de la part du pouvoir politique camerounais en place ?

Le décret paru au JO le 18 avril 2019 :

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