Contexte:

« La loi du 15 juin 2000 renforçant la protection de la présomption d’innocence et les droits des victimes a autorisé les députés et sénateurs à visiter à tout moment les locaux de garde à vue, les centres de rétention, les zones d’attente et les établissementspénitentiaires. »

Récemment, le député Dupont-Aignan a cru bon de déclarer : « Vous êtes condamné à 30 ans de prison pour meurtre, viol ou torture, et voilà l’appart-hôtel mis à disposition (UVF) où vous passez vos week-ends aux frais du contribuable français.

Scandalisé par ces révélations confirmées par les surveillants pénitentiaires de #CondéSurSarthe »

Aux vues des missions de l’administration pénitentiaire (voir ci-dessous), et après m’être rendu sur place, les propos du député sont au mieux idiots et infondés.

La situation difficile des personnels pénitentiaire mérite bien mieux que des paroles irresponsables.

Et non les UVF ne sont pas des lieux qui ressemblent de près ou de loin à un espace détente ou de vacances. Allez-y passer un week-end monsieur le député Dupont-Aignan.

Pour mémoire, un petit passage par l’Observatoire International des prisons permet de voir que les conditions de détention ne sont pas à la hauteur des autres pays européens.

Des moyens pour les services et personnels des établissements pénitentiaires : oui.

Jeter l’opprobre sur une profession et sur ceux qui purge leur peine : non merci.

Les missions de l’administration pénitentiaire

Le service public pénitentiaire assume une double mission : il participe à l’exécution des décisions et sentences pénales et au maintien de la sécurité publique et il favorise la réinsertion sociale des personnes qui lui sont confiées par l’autorité judiciaire. Il est organisé de manière à assurer l’individualisation des peines.

L’exécution des peines

L’administration pénitentiaire prend en charge les personnes placées sous main de justice. Les mesures prononcées à leur égard interviennent avant ou après jugement et sont exécutées soit en milieu fermé, dans les prisons, soit en milieu ouvert, avec ou sans enfermement préalable.
En milieu ouvert, dans le cadre de mesures non privatives de liberté tels le contrôle judiciaire, le sursis avec mise à l’épreuve ou le travail d’intérêt général, les personnes sont suivies et contrôlées par des services pénitentiaires d’insertion et de probationsur saisine des autorités judiciaires.

En milieu fermé, il s’agit de prévenus, en attente de jugement, ou de condamnés, soumis à une peine privative de liberté.

La réinsertion sociale

En collaboration avec des partenaires publics ou associatifs, l’administration pénitentiaire met en place des dispositifs d’insertion qu’elle propose aux détenus ou aux personnes faisant l’objet d’une mesure restrictive de liberté : hébergement, emploi ou suivi médical par exemple. Ces dispositifs sont pour la plupart inscrits dans le cadre de la politique de la Ville.
En milieu fermé, les actions menées par les services pénitentiaires d’insertion et de probation (SPIP) doivent permettre aux détenus de préparer leur sortie et de retrouver une place dans la société.
En milieu ouvert, les personnels d’insertion et de probation des SPIP ont un rôle de contrôle, de conseil et d’orientation vers les organismes compétents.

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