Au Yémen, pour la première fois, les troupes loyalistes sont entrées hier dans la cité portuaire d’Hodeïda, laissant craindre une bataille sanglante. Au même moment, des députés européens invitaient leurs pairs du monde entier à se joindre à un appel demandant un « cessez-le-feu immédiat ».

Après l’assassinat de Jamal Khashoggi, le monde semblait enfin avoir cessé de fermer les yeux sur la brutalité du régime saoudien, mais aussi pris conscience de la tragédie humaine au Yémen. Et pourtant, la bataille d’Hodeïda qui fait rage actuellement, laquelle s’est transformée ces derniers jours en hécatombe, semble démontrer qu’il n’existe toujours pas aujourd’hui de ligne rouge s’agissant de la guerre menée par les forces pro-gouvernementales pour reprendre cette ville clé de l’ouest du pays.  A cela s’ajoute encore une crise humanitaire effroyable. L’Unicef estime qu’un enfant meurt toutes les 10 minutes en raison de maladies qui pourraient être évitées. De sorte qu’à cours de mots, les ONG évoquent désormais l’apocalypse.

Aux Etats-Unis des voix critiques se font, pourtant, entendre. Le ministre américain de la Défense, souhaiterait que des négociations de paix aient lieu d’ici 30 jours. Mais y parviendra-t-il ? Et cette échéance ne risque-t-elle pas, qui plus est, d’accélérer un peu plus encore la bataille pour le contrôle stratégique du port Hodeïda ? Et puis en Europe, là aussi, certains montent désormais au créneau. Hier, des députés de cinq pays ont lancé un « appel de Paris » pour le Yémen, en demandant un « cessez-le-feu immédiat » mais aussi la suspension des ventes d’armes aux pays prenant part au conflit.

Retrouvez le podcast

Source site France culture

Partagez :