Monsieur le Premier ministre,
Mesdames, Messieurs les ministres,
Mesdames, Messieurs les parlementaires,
Mesdames, Messieurs,

Je suis très heureux d’accueillir aujourd’hui à Paris pour une première rencontre, même si nous
nous étions vus dans une vie antérieure, en tout cas pour ce qui me concerne, le Premier
ministre du Québec, Monsieur Philippe COUILLARD, qui entame une visite de plusieurs
jours en France.

Vous le savez tous, la France et le Québec entretiennent des relations directes, privilégiées,
marquées par l’histoire, par une langue commune que (je dois le dire) nous chérissons l’un et
l’autre. Et votre histoire personnelle d’ailleurs est, je crois, le témoignage vivant de ce lien un
peu particulier qui fait qu’il n’y a jamais rien d’innocent entre la France et le Québec, il n’y a
que des histoires de vie, de passion et d’amitié à travers le temps.

Depuis 1977, les Premiers ministres français et québécois se réunissent tous les 2 ans pour des
rencontres alternées, qui fixent justement les priorités d’une coopération franco-québécoise
riche et ambitieuse. Et cette année, nous fêtons à la fois l’organisation de la 20ème édition de
ces rencontres, mais également les 50 ans de l’Office franco-québécois de la jeunesse. C’est
dire à la fois le caractère durable, mais également la profondeur de cette relation.

Monsieur le Premier ministre va travailler durant tous ces jours avec le Premier ministre
français, les ministres auront plusieurs échanges, des feuilles de route seront décidées, mais
vous vous rendrez aussi dans le territoire, et en particulier à Toulouse pour visiter notre.

industrie aéronautique, et rencontrerez plusieurs personnalités politiques françaises. Et c’est
jeudi que se dérouleront les entretiens des deux Premiers ministres, ce qui sera l’occasion là de
rentrer dans le détail de nombreuses politiques publiques et partagées.

Je voudrais simplement, à l’issue de l’entretien que nous venons d’avoir, mettre en lumière
quelques-unes de nos priorités. La première, je dirais que c’est la jeunesse qui est au cœur de
notre relation bilatérale et qui incarne le dynamisme et la diversité de nos échanges.
Aujourd’hui, plus de 10.000 étudiants français sont inscrits dans les universités du Québec,
plus de 4.500 élèves fréquentent nos deux établissements scolaires, sans compter les milliers
de jeunes qui viennent chaque année en France et au Québec dans le cadre de nombreux
échanges universitaires.

Nous souhaitons l’un et l’autre que nous puissions ensemble faire davantage, je souhaite qu’on
puisse accueillir en France davantage d’étudiants québécois. Et donc nous allons, avec
justement l’ensemble de nos universités et grandes écoles, travailler pour que nous puissions
encore enrichir justement ce lien entre nos jeunesses.

L’Office franco-québécois pour la jeunesse, que j’évoquais il y a un instant, constitue l’un des
outils clés de cette mobilité. La diversification de ses programmes en faveur de nouveaux
publics de jeunes doit être encouragée, les liens entre nos deux jeunesses le seront ainsi et je
souhaite que nous puissions relancer ce qui a déjà été conduit en la matière. Et vous m’avez
fait part d’ailleurs de votre souhait de voir davantage d’étudiants pouvoir venir passer une
partie de leur scolarité supérieure ou des semestres en France ; et je souhaite que nous
puissions répondre à cela.

La deuxième priorité que je souhaitais relever et que nous avons en partage, c’est la lutte
contre les dérèglements climatiques. Vous êtes, je dirais, un avant-poste de cette lutte dans
l’espace nord-américain. Et je ne mésestime absolument pas l’importance de la diplomatie que
vous menez et des actions que vous conduisez.

Je veux encore une fois vous remercier pour votre implication lors du One Planet Summit, où
vous avez eu justement des déclarations et présenté des mesures ambitieuses, en matière de
réduction des émissions de gaz à effet de serre. Et je souhaite que notre proximité sur ce
dossier nous permette là aussi de multiplier des échanges d’expériences, notamment sur le
marché carbone que vous avez mis en place avec la Californie et l’Ontario.

Les revenus qui en sont issus sont intégralement reversés au Fonds vert, en appui à la
transition énergétique des entreprises et des municipalités du Québec. Et je veux vraiment sur
ce point vous féliciter et dire combien je souhaite que nos échanges là aussi puissent être
encore une fois approfondis en la matière.

La France a elle aussi décidé un plan climat très ambitieux à l’été dernier, nous allons fermer
l’ensemble justement de nos centrales à charbon, nous allons mettre un terme à l’exploitation des hydrocarbures. Et je souhaite que nous prenions plusieurs initiatives en matière européen
sur le marché carbone pour aller plus loin, je crois que l’exemple qui est le vôtre et la stratégie
régionale que vous avez conduite sont à cet égard très inspirantes.

Des projets concrets seront d’ailleurs annoncés lors de la rencontre alternée des Premiers
ministres à cet effet, le 8 mars, et je pense qu’ils vont dans la bonne direction.
Le troisième point quant aux axes forts entre justement la France et le Québec c’est
l’économie. Je veux ici dire combien notre partenariat économique avec le Québec est solide.

Traditionnellement, le Québec est une porte d’entrée privilégiée pour nos entreprises
souhaitant s’implanter au Canada et dans toute la région. Et avec l’accord commercial
économique global entre l’Union européenne et le Canada, il le sera encore plus.
Un gros travail a été fait depuis le mois de mai dernier sur le cadre de cet accord, pour le
rendre plus transparent pour tirer absolument toutes les conclusions du rapport qui,
conformément à mes engagements, a été remis à l’été dernier. Et je veux saluer ici
l’implication d’ailleurs du ministre et du président de la Commission parlementaire qui se sont
pleinement mobilisés sur ce point ; et ont mis en place tout un processus de suivi qui (je crois)
a inspiré plusieurs de nos collègues européens et qui est un élément qui permettra de
pleinement faire réussir cet accord dans la durée.

Et je sais d’ailleurs combien vous êtes associé à cette démarche sur le plan sanitaire, sur le
plan environnemental et social parce que ce sont nos références communes que nous voulons,
ce faisant, défendre.

Déjà plus de 150 entreprises québécoises ont misé sur la France par ailleurs, et je veux
qu’elles puissent aussi être encouragées dans ce lien. Et nous avons des grands groupes qui,
comme nos entreprises de taille intermédiaire et nos petites et moyennes entreprises, font
vivre la relation bilatérale aujourd’hui. Elle génère de l’emploi et de la croissance de part et
d’autre.

La France est aujourd’hui le pays qui investit le plus au Québec, 30.000 emplois québécois
sont ainsi générés, je souhaite que nous puissions faire encore davantage. Et à ce titre, je me
réjouis de l’accord qui a été signé entre nos grands groupes, notamment dans le domaine de
l’aéronautique, le soutien apporté par AIRBUS au groupe BOMBARDIER sur le Série C
montre la proximité et l’étroitesse de ses liens.
Nous pouvons là aussi faire encore davantage et ça a été l’objet de notre discussion, en
particulier entre nos entrepreneurs et dans le domaine numérique et de l’intelligence
artificielle. Vous avez un rôle extrêmement structurant sur ce plan-là et je souhaite que nous
puissions renforcer nos partenariats en matière numérique et d’intelligence artificielle dans les
prochains mois. Là-dessus, vous y reviendrez sans doute lors de votre propos.

Enfin le quatrième aspect structurant de notre relation, c’est bien sûr la langue française qui
est le ciment le plus ferme, je dirais, de notre amitié. Je voudrais ainsi notamment rendre
hommage à l’implication du Québec comme gouvernement participant à l’Organisation
internationale de la francophonie ; et à sa capacité d’initiative qui en fait l’un des membres les
plus actifs et là aussi, je souhaite qu’ensemble nous puissions faire davantage, nous l’avons
évoqué, dans le cadre de la francophonie sur le continent africain, qui est pour moi une
priorité absolue de notre ambition en matière de francophonie, en matière de formation des
maîtres, en matière de politique de francophonie sur Internet. Ambition que nous avons en
partage et sur lequel nous pouvons ensemble agir de manière concrète.

Voilà Mesdames et Messieurs, Monsieur le Premier ministre ce que je souhaitais rappeler
pour rendre compte de notre entretien et dire qu’entre nous, les distances sont abolies, elles
sont abolies par l’histoire, par la langue et par ses amitiés en partage que j’évoquais.
Il n’y a, je le disais, jamais rien d’innocent entre la France et le Québec, et il n’y a jamais rien
de froid. Et pour moi cette relation est une relation stratégique au sens fort du terme,
structurelle, parce qu’elle permet de porter dans ce continent (je crois) profondément des
valeurs, une communauté de pensées, de langage, d’histoire que nous avons ensemble.
Et donc c’est avec beaucoup de plaisir et d’amitié que j’ai pu à nouveau échanger avec vous et
que je suis heureux de vous savoir tous ces jours-ci à Paris et plus largement en France.

Merci Monsieur le Premier ministre.

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